Mme La Directrice Adjointe des Ressources Humaines et des Relations Sociales,
La CFE-CGC SICTAM souhaite ouvrir cette Négociation Annuelle Obligatoire 2026 par un constat simple. Jamais depuis plusieurs décennies le nucléaire n’a occupé une place aussi centrale dans les priorités stratégiques de la France. Ces dernières semaines encore, le Président de la République, Emmanuel Macron, a rappelé à plusieurs reprises que la souveraineté énergétique et la crédibilité de la dissuasion nucléaire reposent sur une filière scientifique et industrielle forte.
Dans ces orientations nationales, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives joue un rôle absolument central. Mais derrière ces ambitions nationales, il y a une réalité que nous devons collectivement regarder en face : ces ambitions reposent avant tout sur les femmes et les hommes du CEA. Ce sont les ingénieurs, les chercheurs, les techniciens, les cadres et l’ensemble des salariés qui conçoivent, développent et mettent en œuvre les technologies critiques qui fondent la souveraineté scientifique, énergétique et stratégique du pays.
Or la CFE-CGC SICTAM constate depuis plusieurs années un décalage préoccupant. D’un côté, les attentes vis-à-vis du CEA n’ont jamais été aussi élevées : nouveaux programmes, exigences accrues, responsabilités scientifiques et technologiques majeures. De l’autre, la reconnaissance salariale et l’attractivité de l’établissement s’érodent progressivement.
Le pouvoir d’achat des salariés s’est dégradé. Et dans le même temps, le CEA est désormais confronté à une concurrence très forte de l’industrie et des grands groupes technologiques pour recruter et fidéliser les compétences scientifiques et techniques de haut niveau. Rappelons que le secteur nucléaire va avoir besoin de recruter 100 000 salariés d’ici 2035 et que le CEA n’est pas le seul à prospecter (EDF, FRAMATOME, ORANO, …)
Dans plusieurs domaines, les difficultés de recrutement deviennent une réalité que chacun peut constater. Cette situation doit nous alerter. Car un établissement qui porte des programmes aussi stratégiques que la dissuasion nucléaire, la recherche scientifique de pointe ou la relance de la filière électronucléaire ne peut pas durablement se permettre de perdre en attractivité. Attirer, motiver et fidéliser des ingénieurs, des chercheurs, des experts et des cadres de très haut niveau exige une politique salariale à la hauteur de ces responsabilités.
La question salariale n’est donc pas un sujet périphérique.
Elle est directement liée à la capacité du CEA à remplir les missions que la Nation lui confie.
Elle devient une question stratégique pour l’avenir du CEA.
La CFE-CGC SICTAM attend donc de cette NAO 2026 :
- des mesures générales significatives permettant de préserver réellement le pouvoir d’achat des salariés ;
- des mesures salariales concrètes pour remettre à niveau les rémunérations du personnel en place par rapport aux pratiques du marché ;
- une politique de reconnaissance plus dynamique pour les compétences, les expertises et les responsabilités.
Il faut être clair. La France peut annoncer de grands programmes nucléaires. Elle peut afficher de grandes ambitions stratégiques. La mission que confie le Président de la République, en grande partie au CEA acteur incontournable de ces ambitions, Honore et Oblige les salariés du CEA. Gageons que les dirigeants de notre organisme en fassent tout autant pour revaloriser les rémunérations des salariés. Ils s’en grandiraient.
Mais ces ambitions ne se réaliseront pas sans les femmes et les hommes qui les rendent possibles.
Et c’est la raison pour laquelle la CFE-CGC SICTAM souhaite conclure cette déclaration par une conviction qui est la sienne :
